L’IA ne s’est pas imposée par la force. Elle s’est rendue indispensable par la facilité. Et nous l’avons laissée entrer, sans vraiment mesurer ce que nous cédions en échange.
En mai 2026, le pape Léon XIV publie Magnifica Humanitas. Une encyclique sur l’IA. Oui, vous avez bien lu. Et ce texte dit, avec une lucidité que beaucoup de rapports tech n’ont pas, ce que nous refusons encore de regarder en face : la dignité humaine érodée par les algorithmes, la pensée qui se déleste de son effort, le pouvoir qui se concentre chez ceux qui codent pendant que les autres subissent.
J’ai lu ce texte comme praticien, pas comme croyant. Et ce que j’y ai trouvé rejoint exactement ce que j’observe chaque jour : nous ne sommes plus seulement en train d’automatiser des tâches. Nous sommes en train de déléguer notre façon de penser.
Entre Babel et Jérusalem, l’encyclique pose une question simple, presque inconfortable : à quel chantier participons-nous, là, maintenant, avec les outils que nous utilisons chaque jour ? Qu’est-ce que nous sommes en train de construire, vraiment ? Et pour qui ?




