… ou comment on a inventé l’élitisme honteux
« Tu n’aimes pas le foot toi ? Mais… pourquoi diable ? Tu n’es pas patriote ? »
La question tombe comme un crime de lèse-majesté. On est en juin 2026, la Coupe du monde vient de démarrer aux États-Unis, au Canada et au Mexique, quarante-huit équipes au lieu de trente-deux, cent quatre matchs au lieu de soixante-quatre [1], et il se trouve que je n’en regarderai pas une seule minute. Pas par posture. Pas par snobisme intellectuel de circonstance. Simplement parce que ce sport ne m’a jamais procuré le moindre frisson, depuis l’enfance, et que je ne m’en veux absolument pas pour ça. Je préfère sincèrement le rugby, mais ça… c’est une autre histoire !
Ce qui m’intéresse n’est pas mon désintérêt, somme toute banal et sans gravité. Ce qui m’intéresse, c’est ce qui se passe sur le visage de mon interlocuteur quand je l’avoue. Pas l’effroi poli qu’on réserve d’habitude au mathématicien qui annonce sa profession à un dîner (cf. mon article sur le sujet). Là, c’est autre chose. Une sorte de stupeur outragée, comme si je venais de confesser une indifférence aux droits de l’homme. On me regarde comme un original suspect, voire un peu dérangé, pour ne pas vibrer devant onze types qui courent après un ballon pendant que des millions de gens hurlent en chœur dans des fuseaux horaires différents.
Et c’est précisément là, dans cette stupeur, que se cache le sujet de cet article. Pas le football en lui-même, qui ne mérite ni mon mépris, ni mon adoration d’ailleurs. Mais ce qu’il révèle de notre époque : une société qui exige de tous une ferveur uniforme devant le spectacle, et qui, dans le même mouvement, traite l’exigence intellectuelle comme une faute de goût. Une société qui s’enflamme pour onze joueurs et se méfie d’un seul esprit brillant. Une société qui a, sans s’en rendre vraiment compte, inventé l’élitisme honteux.
Car voici le paradoxe qu’aucun parent, aucun enseignant, aucun éditorialiste ne semble vouloir affronter de face. Repérez un gamin de dix ans doué au ballon, mettez-le dans un centre de formation avec d’autres enfants de son niveau, donnez-lui un entraîneur dédié, une charge d’entraînement déjà digne d’un sportif professionnel, des matchs contre des adversaires plus forts que lui pour le faire progresser : tout le monde applaudit. On en parle avec fierté au repas de famille. C’est un signe qu’on a « du bon sang », comme on disait autrefois pour les chevaux.
Proposez exactement la même chose pour un enfant doué en mathématiques, le repérer, le regrouper avec d’autres enfants aussi vifs que lui, lui donner des problèmes à sa mesure, l’envoyer aux olympiades affronter les meilleurs jeunes esprits du monde, et soudain le mot tombe, sec, accusateur : élitisme. Comme si l’identique geste de détection et d’accompagnement, appliqué à deux pieds plutôt qu’à un cerveau, changeait soudain de nature morale. Ce pays assume sans complexe l’excellence des pieds. Il a honte de l’excellence du cerveau. Et il faudra, dans les pages qui suivent, comprendre comment on en est arrivé là, et ce que cette honte coûte, très concrètement, à une nation entière.
Élitisme, le procès d’un mot
Il y a quelque chose de fascinant, presque comique si ce n’était pas si grave, dans la trajectoire sémantique du mot « élite ». Étymologiquement, il vient du verbe latin eligere, choisir. L’élite, ce sont simplement ceux qu’on a choisis, qu’on a distingués parce qu’ils excellaient. Pendant des siècles, dans une France qui n’avait pourtant rien d’un pays particulièrement égalitaire, ce mot ne portait aucune charge négative. On parlait sans ciller de l’élite scientifique, de l’élite littéraire, de l’élite militaire. L’école de la Troisième République, celle des hussards noirs, assumait sans la moindre gêne sa mission : repérer les meilleurs, où qu’ils naissent, et les pousser le plus haut possible. Le concours, ce moment où l’on classe sans pitié ni excuse, était vécu comme une promesse d’égalité des chances, pas comme une humiliation programmée.
Et puis, en l’espace de quelques décennies, quelque chose s’est retourné. Le mot « élitisme » a quitté le terrain de la description pour devenir une arme de disqualification morale. On ne dit plus « ce système valorise l’excellence », on dit « ce système est élitiste », et la phrase se referme comme un couperet, sans qu’il soit même nécessaire d’argumenter davantage. Il suffit de prononcer le mot pour clore le débat. C’est devenu, dans le vocabulaire scolaire et médiatique français, l’équivalent rhétorique d’une accusation de racisme ou de sexisme : une fois le mot posé, on ne discute plus le fond, on juge la posture.
Ce glissement sémantique n’est pas le fruit du hasard. Il s’est construit, patiemment, sur une confusion entre deux réalités très différentes. La première réalité, qu’il faut combattre sans relâche, c’est l’élitisme de naissance : le système qui réserve les meilleures places aux enfants des meilleures familles, indépendamment de leur talent propre. C’est une injustice réelle, documentée, qui mérite toute la vigilance qu’on lui accorde. La seconde réalité, qu’on a fini par confondre avec la première, c’est la reconnaissance du mérite intellectuel, c’est-à-dire l’idée qu’un enfant qui pense plus vite et plus profondément qu’un autre a le droit d’être accompagné à la hauteur de ses capacités, quel que soit son milieu d’origine. Ces deux réalités sont non seulement distinctes, mais en réalité opposées : un vrai système méritocratique devrait combattre la première et encourager la seconde. En les amalgamant sous le même mot, on a réussi l’exploit de disqualifier la méritocratie au nom de l’égalité, ce qui est, à bien y réfléchir, une contradiction assez remarquable.
Les résultats de cette bascule sont mesurables. La France stagne année après année dans le classement PISA de l’OCDE, glissant à la 26e place en mathématiques sur l’édition 2022, loin derrière Singapour, le Japon ou l’Estonie [2]. On pourrait croire que ce mauvais classement déclenche une mobilisation nationale, comme on se mobiliserait pour une défaite sportive humiliante. Il ne déclenche, en réalité, qu’un débat récurrent et stérile sur les méthodes pédagogiques, dans lequel toute proposition de regroupement par niveau, de classes à examen renforcé ou de filières d’excellence se voit immédiatement accusée de trahir l’idéal républicain. On a fini par préférer un échec partagé à une réussite inégalement répartie. C’est une option philosophique parfaitement défendable en soi. Le problème, c’est qu’on ne la défend jamais en ces termes. On la maquille en vertu pédagogique, alors qu’elle relève d’un choix de société qu’on n’ose pas nommer.
Car le vrai sujet n’est pas pédagogique, il est psychologique et politique. Reconnaître qu’un enfant pense plus vite, plus loin, plus profondément qu’un autre du même âge, c’est accepter que l’inégalité existe ailleurs que dans le compte en banque des parents, ailleurs que dans le code postal du quartier, ailleurs que dans toutes les inégalités qu’on a appris, à raison, à combattre. C’est admettre qu’il existe une inégalité de nature, presque intime, qui ne se corrige pas avec une politique de redistribution. Cette idée dérange tellement qu’on a préféré inventer un mot honteux pour la disqualifier plutôt que d’apprendre à vivre avec elle, et surtout, à l’accompagner pour qu’elle profite à tous, comme le fait sans complexe le monde du sport.
Deux enfants, deux France
Suivons donc nos deux enfants imaginaires dans leur trajectoire respective, et regardons ce que la société française accepte de leur offrir.
Le premier, doué au ballon, est repéré dès huit ou neuf ans par un réseau de scouts qui sillonnent les terrains tous les week-ends [3]. À douze ou treize ans, s’il continue de progresser, il intègre un centre de formation agréé par la Fédération française de football. Là, tout est mis à sa disposition : hébergement, restauration, encadrement scolaire adapté, kinésithérapeutes, préparateurs physiques, équipement renouvelé en permanence. Le coût réel supporté par le club pour former ce jeune joueur tourne, selon les estimations du secteur, autour de 35 000 euros par an [4]. La Fédération française de football a annoncé un plan de modernisation de ses centres, et son budget avoisine les 300 millions d’euros par an, avec un fonds d’aide au football amateur atteignant plus de 100 millions d’euros [4]. Personne, à aucun moment de ce parcours, ne murmure le mot élitisme. On parle d’investissement, de formation, de filière d’excellence, et c’est très bien ainsi : ce gamin mérite cet accompagnement, et la France a raison de vouloir former de bons footballeurs si elle y tient.
Le second enfant, doué en mathématiques, suit un chemin presque comique par contraste. S’il est repéré, c’est généralement grâce à un professeur isolé qui prend sur son temps personnel pour lui proposer des exercices plus stimulants, ou grâce au concours Kangourou, ou à la Coupe Animath organisée en début d’année scolaire. S’il se distingue, il peut intégrer la Préparation Olympique Française de Mathématiques, la POFM, pilotée par l’association Animath, financée en partie par un mécène privé et par le ministère de l’Éducation nationale [5]. L’inscription aux Coupes Animath, porte d’entrée de tout ce parcours, coûte entre 0 et 10 euros [6]. Le voyage, l’hébergement et l’encadrement de la délégation française aux Olympiades internationales de mathématiques sont couverts par Animath et le ministère, sur un budget qui n’a, à aucun moment de son histoire, fait l’objet d’un plan quadriennal chiffré en dizaines de millions d’euros [6]. Six élèves de moins de vingt ans représentent chaque année la France, encadrés par deux chefs de délégation le plus souvent bénévoles ou quasi bénévoles [7].
La disproportion est tellement frappante qu’elle en devient presque gênante à énoncer. On ne parle pas d’une légère différence de traitement, d’un écart de quelques milliers d’euros. On parle d’une différence d’ordre de grandeur, d’une asymétrie de considération sociale et institutionnelle qui révèle, mieux que n’importe quel discours, ce que notre société valorise vraiment, au-delà de ce qu’elle dit valoriser. Les textes officiels sont remplis d’odes à la culture scientifique, à l’importance des mathématiques pour l’avenir du pays, à la nécessité de former des ingénieurs et des chercheurs. Les actes, eux, racontent une histoire différente.
Le résultat de cette disproportion, on aurait tort de le passer sous silence : il est sans appel. La Chine a remporté la compétition plus de vingt fois depuis 1985, souvent avec un score parfait ou quasi-parfait sur les six épreuves [8]. La France, elle, n’a jamais dépassé la cinquième place obtenue en 1990, avec un certain Vincent Lafforgue dans l’équipe, futur lauréat de la prestigieuse médaille Breakthrough Prize, et dont le frère Laurent décrocherait la médaille Fields en 2002 [9]. [10]. Depuis l’an 2000, les résultats français ont oscillé entre la 14e et la 48e place mondiale, souvent au-delà de la vingtième place [9]. Pour un pays qui aime se raconter comme une grande nation scientifique, héritière de Fermat, de Galois et de Poincaré, ce chiffre devrait être une humiliation nationale. Il ne l’est pas. Il ne fait même pas l’objet d’un communiqué de presse.
La France compte pourtant un nombre impressionnant de médailles Fields, avec 13 lauréats (voire 14 selon les critères de comptage), ce qui en fait la deuxième nation la plus titrée après les États-Unis [10]. Mais cet héritage brillant masque une réalité moins flatteuse au niveau de la formation de base et de la détection précoce. Ces mathématiciens d’exception ont émergé malgré le système, ou grâce à des îlots de résistance, les grandes écoles, les classes préparatoires, quelques lycées d’excellence, et non grâce à une politique nationale cohérente de détection et d’accompagnement des talents. Ce n’est pas seulement une question de moyens, même si les moyens comptent. C’est une question de regard. On ne célèbre pas ce qu’on a honte de désirer. Et notre pays, sans jamais l’écrire noir sur blanc dans aucun texte de loi, a quelque part décidé qu’il avait honte de désirer trop ouvertement l’excellence intellectuelle de ses enfants.
Cette honte, pourtant, ne l’empêche pas de se réjouir bruyamment d’autre chose. Pendant qu’elle se méfie de l’enfant qui pense trop vite, la même société s’enflamme sans complexe pour le spectacle qui rassemble, qui unit, qui dispense de penser. Et ce spectacle, depuis deux mille ans, porte un nom.
Du pain et des jeux, version stade de football
Il y a deux mille ans, le poète romain Juvénal observait, dans sa dixième Satire, un peuple qui avait cessé de réclamer le pouvoir politique pour ne plus exiger que deux choses : panem et circenses, du pain et des jeux du cirque [11]. Ce n’était pas, chez lui, une critique du divertissement en tant que tel. C’était le constat amer d’un renoncement : un peuple qui avait vendu sa souveraineté contre la garantie d’être nourri et distrait, et qui s’en trouvait, ma foi, plutôt satisfait.
Vingt siècles plus tard, la formule garde toute sa force de diagnostic, à condition de regarder honnêtement ce que sont devenus nos jeux modernes. Le pain, on l’a. Les jeux, on en a une overdose permanente, et la Coupe du monde 2026 en est l’incarnation la plus spectaculaire : seize villes hôtes réparties sur des milliers de kilomètres, des stades remplis sur un continent entier, une finale programmée au MetLife Stadium de New York le 19 juillet 2026 devant des dizaines de milliers de spectateurs et des centaines de millions de téléspectateurs à travers le monde [12]. C’est un spectacle d’une puissance d’attraction inégalée dans l’histoire humaine. Et comme tout spectacle de cette ampleur, il charrie avec lui une part d’ombre qu’on préfère ne pas trop regarder en face.
Cette part d’ombre a un nom et des chiffres officiels. Lors de la saison 2024-2025, le ministère de l’Intérieur a recensé 64 rencontres de football professionnel marquées par des incidents graves en France, et 627 interpellations, soit une hausse de 41% par rapport à la saison précédente [13]. Bagarres aux abords des stades, fumigènes tirés sur le terrain, agressions de policiers et de gendarmes, « fights » organisés à l’avance entre groupes rivaux, banderoles et chants discriminatoires : telle est la litanie quotidienne qui entoure désormais une partie non négligeable des rencontres. Le 29 mai 2022, lors d’un match de barrage entre Saint-Étienne et Auxerre, des supporters ont envahi le terrain de Geoffroy-Guichard après la relégation de leur club, provoquant le chaos, des dégradations importantes et blessant plusieurs personnes, dont des policiers [14]. Plus récemment, le 1er novembre 2024, une violente rixe entre groupes de supporters parisiens a éclaté près du stade Charléty, faisant quatre blessés à l’arme blanche [15]. On pourrait allonger la liste sur plusieurs pages.
Posons la question franchement, sans complaisance pour aucun camp : a-t-on jamais vu, en France, des mathématiciens en colère saccager le mobilier urbain parce que l’équipe nationale aux Olympiades n’a obtenu que la 30e place ? A-t-on déjà vu des « ultras » de l’excellence scolaire blesser des gendarmes parce qu’un classement les avait déçus ? La question est absurde, et c’est précisément ce qui devrait nous alerter. Cette violence collective, qui ne naît jamais d’une compétition perdue par manque de mérite individuel mais d’une identification tribale à un résultat qui ne dépend de personne dans la foule, est devenue un fait social tellement banal qu’on a fini par l’accepter comme le tribut normal à payer pour le plaisir du spectacle. Pendant ce temps, on continue de s’inquiéter qu’un enfant qui aime trop les mathématiques « ne sache pas vivre en société ».
Il ne s’agit pas de réclamer la fin du football, ni même de nier le plaisir immense et légitime que ce sport procure à l’immense majorité de ceux qui le suivent sans jamais casser une vitrine. Il s’agit de nommer, sans hypocrisie, ce que Juvénal avait déjà nommé il y a deux mille ans : une société qui tolère, presque sans broncher, des débordements violents organisés autour du jeu, tout en se montrant d’une pudeur extrême, presque inquiète, dès qu’il s’agit de célébrer un enfant qui pense plus vite que les autres. On a renversé l’échelle des scandales.
« L’important c’est de participer », l’autopsie d’une phrase de perdant
Il existe une phrase que l’on ressort à chaque rentrée scolaire, à chaque conseil de classe un peu tendu, à chaque fois qu’un parent ose s’inquiéter du niveau de son enfant : l’important, c’est de participer. On l’attribue, le plus souvent à tort, au baron Pierre de Coubertin, qui aurait prononcé cette maxime à l’ouverture des Jeux olympiques de 1908. En réalité, la phrase exacte vient d’un sermon prononcé par l’évêque américain Ethelbert Talbot de Pennsylvanie lors d’un office religieux pendant ces mêmes Jeux, à la cathédrale Saint-Paul de Londres. Coubertin l’a seulement reprise et popularisée dans ses propres écrits, où elle prenait un sens assez différent de celui qu’on lui donne aujourd’hui : il s’agissait, à l’origine, de promouvoir l’idéal amateur face à une professionnalisation naissante du sport, pas de consoler les perdants [16].
Peu importe son origine exacte. Ce qui frappe, c’est l’endroit où cette phrase a fini par s’installer durablement : nulle part dans le sport de haut niveau, et absolument partout dans le discours sur l’école. Allez donc dire à un sélectionneur national, au sortir d’une défaite en finale de Coupe du monde, que l’important c’était de participer. Il vous regardera comme si vous veniez d’une autre planète. Aucun club professionnel ne célèbre une relégation. Aucun athlète olympique ne raconte fièrement à sa famille qu’il a fini dernier mais que l’essentiel était d’être présent. Le sport de compétition, à tous les niveaux où l’argent et la gloire entrent en jeu, repose sur une hiérarchie implacable, assumée, célébrée : il y a des vainqueurs, et il y a des autres, et personne ne trouve cela choquant.
Et pourtant, c’est très exactement cette même phrase, « l’important c’est de participer », qui sert aujourd’hui de doctrine implicite à une partie du système scolaire français dès qu’il s’agit de hiérarchiser les esprits plutôt que les muscles. On supprime des notes au profit de compétences validées ou non validées, sans plus de granularité. On hésite à publier des classements de classe. On parle de bienveillance pour justifier un refus d’évaluer avec précision. On invente des formulations de bulletin scolaire qui évitent soigneusement de dire à un enfant qu’il est excellent, de peur que son voisin de table, qui ne l’est pas, ne s’en trouve blessé.
L’incohérence est totale, et personne ne semble s’en émouvoir. On maintient, sans aucun scrupule, un classement implacable et médiatisé à outrance pour départager onze joueurs de chaque équipe. On s’inquiète, avec une sollicitude presque maladive, qu’un classement scolaire puisse « abîmer l’estime de soi » d’un enfant. La phrase de perdant n’a, en réalité, jamais consolé aucun perdant sportif. Elle n’a fait qu’une seule victime constante depuis quelques décennies : l’enfant qui aurait eu besoin qu’on lui dise, sans détour, qu’il était le meilleur de sa classe en mathématiques, et qu’il avait parfaitement le droit d’en être fier.
Mais avant de conclure que le sport n’a rien à nous apprendre, il faut être honnête : l’argument adverse n’est pas sans fondement. Quand on dit que le sport est l’école de la vie, on ne dit pas n’importe quoi. On dit même quelque chose de vrai. La question est de savoir si cette vérité justifie l’oubli de tout le reste.
Le sport comme école de la vie, vraiment
Il y a pourtant, dans la thèse du sport comme école de la vie, quelque chose de profondément juste qu’il serait stupide de balayer d’un revers de main. Le sport de compétition, pratiqué sérieusement, enseigne des choses que l’école classique peine à transmettre. Il enseigne la défaite, d’abord. Pas la défaite consolée, celle qu’on entoure de bienveillance et de petits mots doux pour en effacer la trace, mais la défaite brute, celle qui fait mal, celle qui oblige à se regarder en face et à décider si l’on va revenir s’entraîner le lendemain matin ou rester chez soi à ruminer. Il enseigne l’effort dans la durée, cette qualité si difficile à acquérir dans un monde qui récompense l’instantané. Il enseigne le rapport au corps, à la douleur, à la limite physique, et la façon dont on peut repousser cette limite par la seule force de la volonté et de la méthode. Il enseigne, enfin, une forme de respect de l’adversaire qui n’a rien à voir avec la politesse de façade : on respecte quelqu’un qu’on a essayé de battre de toutes ses forces, et qui vous a battu de toutes les siennes.
Tout cela est réel, et mérite d’être dit clairement. Un enfant qui a appris à perdre sur un terrain de sport, à se relever, à reprendre l’entraînement sans se plaindre, dispose d’un équipement mental précieux pour affronter les difficultés de la vie adulte. Il a appris que le résultat est la conséquence du travail, et non de la chance ou de la bonne volonté des autres. Il a appris que se lamenter ne change rien au score. Il a appris, en somme, ce que les Grecs appelaient askesis, l’exercice, l’effort volontaire et répété qui transforme le corps et l’esprit.
Mais voici ce que la thèse du « sport école de la vie » oublie systématiquement de mentionner : toutes ces vertus, sans exception, sont exactement les mêmes que celles que développe un enfant qui s’entraîne sérieusement aux mathématiques de compétition. L’élève qui prépare les Olympiades de mathématiques passe des heures à tenter de résoudre des problèmes qui résistent, qui refusent de se laisser dompter, qui semblent impossibles jusqu’au moment où, parfois après des jours d’efforts, la solution apparaît. Il apprend à travailler dans l’incertitude, à ne pas abandonner au premier obstacle, à revenir sur une piste qui semblait fermée. Il apprend la rigueur absolue, celle qui ne tolère aucune approximation, aucun « à peu près », parce qu’en mathématiques, une démonstration est juste ou elle ne l’est pas, et il n’y a pas de jury complaisant pour accorder des points de style. Il apprend, lui aussi, à perdre : à voir ses camarades trouver une solution qu’il n’a pas trouvée, à mesurer l’écart entre ce qu’il sait et ce qu’il lui reste à apprendre, et à en tirer une motivation plutôt qu’un découragement.
La différence entre les deux parcours n’est donc pas dans les vertus qu’ils développent. Elle est dans le regard que la société pose sur eux. L’un est célébré, financé, médiatisé, et présenté comme un modèle de développement personnel. L’autre est toléré, sous-financé, ignoré des médias, et présenté avec une gêne polie, comme si l’excellence intellectuelle était une bizarrerie qu’il valait mieux ne pas trop encourager de peur d’en faire un enfant asocial.
Les vertus formatives sont donc les mêmes des deux côtés. Mais une différence demeure, et elle n’est pas mineure : ce n’est pas une différence de caractère, c’est une différence de puissance émotionnelle collective. Et cette différence, il faut avoir le courage de la regarder en face plutôt que de la nier.
Le nouveau monopole de la fierté collective
Il serait malhonnête, à ce stade de l’article, de prétendre que le football et les mathématiques offrent exactement la même chose, et qu’il suffirait de « muscler » l’image des mathématiques pour obtenir un engouement comparable à celui d’une Coupe du monde. Ce serait une erreur d’analyse, et une erreur de méthode.
Le football possède quelque chose que les mathématiques, sous leur forme actuelle, n’offriront probablement jamais : une identification immédiate, sans effort de compréhension préalable. N’importe qui, quel que soit son niveau d’éducation, sa langue maternelle ou son origine sociale, comprend en quelques secondes ce qui se joue devant un but marqué à la 89e minute. La règle est simple, le récit est universel, l’émotion est instantanée et, surtout, elle se vit en même temps, au même instant, par des millions de personnes rassemblées devant le même écran ou dans le même stade. Cette simultanéité collective produit une forme de communion qu’aucune discipline intellectuelle, par nature plus lente, plus solitaire, plus exigeante en attention, ne pourra jamais reproduire à la même échelle. Quand une équipe nationale gagne, c’est un pays entier qui descend dans la rue le même soir, et il y a, dans cette liesse partagée, quelque chose d’authentiquement beau, qu’il serait absurde et un peu triste de vouloir nier au nom d’un quelconque purisme intellectuel.
Mais reconnaître cette spécificité du sport ne devrait jamais impliquer, comme corollaire automatique, le mépris symétrique de tout ce qui ne produit pas le même genre de communion immédiate. C’est précisément là que le raisonnement collectif déraille. On a fini par croire, sans jamais le formuler explicitement, qu’il n’existait qu’une seule place disponible pour la fierté nationale, et que cette place était occupée, une fois pour toutes, par le sport. Tout ce qui prétendrait s’y installer à ses côtés, sans pour autant en posséder l’intensité émotionnelle immédiate, serait perçu comme une prétention déplacée, presque comme une concurrence illégitime.
Or rien n’oblige à choisir entre les deux formes de fierté. Un pays peut célébrer ses footballeurs le soir d’une victoire et célébrer, avec une intensité différente mais tout aussi sincère, ses jeunes mathématiciens médaillés aux Olympiades internationales. Le problème n’est pas que le football fédère un pays entier en quatre-vingt-dix minutes. Le problème est que rien d’autre n’a, en France, le droit social de fédérer de cette manière, même modestement, même sur un mode différent, plus discret, plus tardif, mais tout aussi réel. La fierté collective n’est pas une ressource rare qu’il faudrait économiser. C’est un muscle qu’on peut exercer sur plusieurs fronts à la fois. D’autres pays l’ont compris avant nous, et ils ne s’en portent pas plus mal. Ils ont même, à bien des égards, l’air de s’en porter mieux.
Les pays qui n’ont pas ce problème
Le contraste devient particulièrement instructif quand on regarde comment d’autres pays traitent leurs jeunes prodiges des mathématiques, non pas en marge, non pas avec une gêne polie, mais en pleine lumière.
La Hongrie, par exemple, possède une tradition mathématique ancienne et vénérée. Dès 1894, elle organisait la compétition Eötvös, considérée comme la première olympiade mathématique de l’ère moderne [17]. Cette tradition a permis l’éclosion de génies comme Paul Erdős ou George Pólya, et le pays continue de valoriser profondément l’excellence dans ce domaine, la considérant comme une part intégrante de son patrimoine intellectuel. Ce n’est pas un hasard si la Hongrie, pays de dix millions d’habitants, a produit une proportion de mathématiciens de premier plan absolument disproportionnée par rapport à sa taille. Ce n’est pas non plus le fruit d’une génétique particulière, contrairement à ce que certains ont parfois insinué avec une légèreté coupable. C’est le résultat d’une culture, d’un système de compétitions bien structuré, d’une valorisation sociale de l’excellence intellectuelle qui remonte à plus d’un siècle.
Au Vietnam, lorsque l’équipe nationale remporte des médailles aux Olympiades internationales de mathématiques, l’événement est salué avec fierté. En 2025, la délégation vietnamienne a décroché deux médailles d’or, trois d’argent et une de bronze, se classant dans le top 10 mondial, un résultat largement relayé par la presse nationale et les institutions éducatives [18]. Ce n’est pas un détail anecdotique : c’est le signe d’un pays qui considère qu’un adolescent capable de résoudre, en quatre heures et demie, des problèmes que la plupart des professeurs d’université ne sauraient pas aborder, mérite d’être nommé et célébré exactement comme on nomme et célèbre un buteur décisif. Le Vietnam, dont le revenu par habitant est une fraction de celui de la France, investit dans la détection et la formation de ses jeunes talents mathématiques avec une sérieux et une continuité que la France n’a jamais su, ou voulu, déployer.
La Corée du Sud a, depuis les années 1990, structuré tout un parcours de détection et d’entraînement de ses jeunes talents mathématiques, au point de terminer régulièrement dans le trio de tête mondial. En 2022, elle a pris la deuxième place du classement, juste derrière la Chine [9]. Ce pays présente ses résultats aux Olympiades comme un indicateur de la vitalité future de sa recherche scientifique. La Chine, de son côté, a remporté la compétition de très nombreuses fois, souvent avec un score parfait ou quasi-parfait sur l’ensemble des six épreuves [8]. On imagine mal qu’un tel résultat reste, là-bas, sans aucune résonance médiatique ou sociale.
Même l’Australie, pays que l’on associe plus volontiers au surf et au rugby, a su construire son propre mythe national autour de la discipline : Terence Tao, devenu depuis l’un des plus grands mathématiciens vivants et lauréat de la médaille Fields, avait obtenu sa première médaille de bronze aux Olympiades internationales à l’âge de dix ans (en 1986), puis l’argent à onze ans et l’or à treize ans en 1988 [19]. Son parcours est aujourd’hui raconté, étudié, cité en exemple dans son pays d’origine, sans jamais que personne n’y voie une trace d’élitisme honteux, mais au contraire une fierté nationale assumée, comparable à celle que la France réserve exclusivement à ses champions sportifs.
Aucun de ces pays n’a renoncé au sport pour autant. La Corée du Sud, qui brille aux Olympiades de mathématiques, brille tout autant aux Jeux olympiques d’été, où elle a terminé huitième au tableau des médailles à Paris en 2024 avec 32 médailles, dont 13 en or [20]. La fierté nationale, dans ces pays, n’est pas un gâteau qu’il faudrait partager en parts de plus en plus fines. C’est un appétit qui se nourrit de lui-même, et qui grandit chaque fois qu’on lui donne une nouvelle raison de s’exercer.
Il reste alors une question à poser, la plus désagréable de toutes, celle qu’on évite soigneusement dans les discours officiels sur la vocation scientifique de la France : si d’autres pays font mieux avec moins, qu’est-ce que cela dit de nos priorités réelles ? La réponse se lit dans les chiffres.
Ce que ça coûte vraiment
Il faudrait, à un moment, parler d’argent. Non pas parce que l’argent est la seule mesure de la valeur des choses, mais parce qu’il est, dans une société, le signe le plus lisible de ce qu’on décide de considérer comme important.
La France dépense, chaque année, des sommes considérables pour le sport de haut niveau. L’INSEP, l’Institut national du sport, de l’expertise et de la performance, accueille plus de 776 sportifs de haut niveau dans ses installations parisiennes, entourés de 300 agents permanents [21]. Les fédérations sportives bénéficient de subventions publiques substantielles. Les collectivités locales financent des équipements sportifs à hauteur de plusieurs milliards d’euros par an. Tout cela est parfaitement légitime : le sport de haut niveau représente un investissement en matière de santé publique, de rayonnement international et de cohésion sociale.
Mais le même pays, qui ne compte pas ses euros pour envoyer des athlètes aux Jeux olympiques, laisse une association comme Animath fonctionner en grande partie grâce au mécénat privé et à l’énergie bénévole de quelques passionnés pour préparer ses jeunes mathématiciens aux Olympiades internationales [5]. Les comptes publiés de l’association permettent de donner un ordre de grandeur : en 2022, le budget total d’Animath atteignait environ 384 000 euros, toutes actions confondues, dont 275 000 euros de subventions [22]. Au sein de ces subventions, la contribution du ministère de l’Éducation nationale (DGESCO) s’élevait à 24 000 euros, tandis que Jane Street, une entreprise financière américaine, apportait 30 000 euros spécifiquement à la POFM [22]. La ligne budgétaire consacrée aux stages et compétitions olympiques représentait, cette même année, environ 86 000 euros, soit moins de 0,03 % du budget global annuel de la Fédération française de football, qui avoisine les 300 millions d’euros [4]. [22]. Ces chiffres ne sont jamais mis en avant, jamais comparés à quoi que ce soit, jamais présentés comme un indicateur de politique publique. C’est, en soi, une information.
On objectera qu’il est difficile de comparer des disciplines dont les coûts de pratique sont si différents. Un footballeur professionnel en formation a besoin d’un terrain, d’équipements, d’une équipe médicale, d’un hébergement. Un mathématicien en herbe a besoin d’un crayon, d’une feuille de papier et d’un bon professeur. C’est vrai. Mais cet argument, précisément, devrait conduire à la conclusion inverse de celle qu’on en tire habituellement : si former un jeune talent mathématique coûte structurellement moins cher que former un jeune talent sportif, alors l’absence d’investissement dans ce domaine n’est pas une question de contrainte budgétaire. C’est un choix. Un choix de ne pas vouloir, pas de ne pas pouvoir.
Ce choix a des conséquences qui dépassent largement le cadre des Olympiades de mathématiques. La France manque de chercheurs en mathématiques fondamentales et appliquées. Elle manque d’ingénieurs capables de travailler sur les problèmes les plus complexes de l’intelligence artificielle, de la cryptographie, de la modélisation climatique. Elle manque, plus généralement, d’une culture du problème difficile, de cette capacité à s’asseoir devant quelque chose qui résiste et à ne pas lâcher avant d’avoir trouvé. Cette culture, on aurait pu la construire dès l’enfance, en valorisant ceux qui la possèdent naturellement et en l’enseignant à ceux qui pourraient l’acquérir. On a préféré, pendant des décennies, s’assurer que personne ne se sente exclu du groupe en nivelant par le bas les exigences intellectuelles, pendant qu’on nivelait par le haut les exigences sportives. Le résultat est là, dans les classements PISA, dans les difficultés de recrutement de l’industrie technologique française, dans la fuite des cerveaux vers des pays qui savent mieux valoriser ce qu’ils ont.
Pendant ce temps, le spectacle continue. Et il ne manque pas de grandeur.
Le silence après le tumulte
La finale de la Coupe du monde 2026 se jouera le 19 juillet, au MetLife Stadium de New York, devant des dizaines de milliers de spectateurs et des centaines de millions de téléspectateurs répartis sur tous les fuseaux horaires de la planète [12]. Ce jour-là, des avenues entières seront fermées à la circulation dans plusieurs capitales du monde pour accueillir les célébrations ou contenir les débordements. Des images du match tourneront en boucle sur tous les écrans pendant des semaines. C’est un spectacle d’une puissance que rien, dans le monde des idées, ne pourra jamais concurrencer frontalement, et il ne s’agit pas ici de prétendre le contraire.
Cette même année, quelques jours plus tôt, dans une salle d’examen silencieuse de Shanghai, six adolescents français auront passé neuf heures, réparties sur deux jours, à affronter en silence des problèmes que personne ne filmera, devant un jury que personne ne connaît, pour un classement que presque aucun média français ne relaiera [7]. S’ils décrochent une médaille, l’information tiendra en quelques lignes, perdue entre un fait divers et la météo. S’ils échouent à dépasser, comme souvent depuis vingt-cinq ans, la vingtième ou la trentième place mondiale (leur zone de résultats la plus fréquente sur cette période, dans une fourchette allant jusqu’à la 48e place certaines années), personne ne s’en indignera. On ne s’indigne que de ce qu’on attend, et visiblement, on n’attendait rien.
Il ne s’agit pas de souhaiter que ces six adolescents deviennent des stars médiatiques au même titre que les attaquants vedettes du Mondial, ni de réclamer pour eux un million d’euros de budget de préparation. Les mathématiques n’ont pas besoin de cela, et n’en voudraient probablement pas. Il s’agit simplement de cesser d’avoir honte. De cesser d’employer le mot élitisme comme une insulte chaque fois qu’on propose à un enfant brillant de devenir encore plus brillant. De comprendre que Juvénal, en inventant sa formule il y a deux mille ans, ne condamnait pas le plaisir du jeu, mais le renoncement d’un peuple à sa liberté de penser et d’agir. Vingt siècles plus tard, cet écran qu’on regarde, hypnotisés, n’est que l’avatar moderne du même renoncement.
Il s’agit aussi, et peut-être surtout, de comprendre que les deux enfants du début de cet article, celui qui court après un ballon et celui qui résout des équations, ne sont pas des adversaires. Ils sont les deux faces d’une même ambition nationale, et un pays qui sait les accompagner tous les deux, avec la même fierté et la même générosité, est un pays qui a compris quelque chose d’essentiel sur lui-même. La France a les ressources intellectuelles pour être grande dans les deux domaines. Elle a choisi, pour l’instant, de n’en assumer qu’un seul. Ce choix n’est pas une fatalité. C’est une habitude. Et les habitudes, contrairement aux talents, se changent.
Le jour où la France réclamera, pour ses esprits les plus vifs, le même droit à l’excellence assumée qu’elle accorde sans même réfléchir à ses pieds les plus rapides, elle aura peut-être gagné quelque chose qu’aucune Coupe du monde, fût-elle remportée, ne pourra jamais lui offrir : la fierté d’avoir cessé d’avoir honte de penser. En attendant ce jour, elle continuera de produire des champions du monde et des prix Nobel en fuite vers des cieux plus cléments, et de s’étonner, chaque automne, que les seconds aient choisi d’autres pays pour les accueillir.
Références
Pour les esprits méticuleux, amateurs de chiffres et de nuits blanches à vérifier les sources, voici les liens qui ont nourri cet article. Ils rappellent une chose simple : l’information existe encore, pour peu qu’on prenne le temps de la lire, de la comparer et de la comprendre. Mais dans un avenir proche, ce simple geste deviendra peut-être un luxe, car à mesure que les textes générés intégralement par des IA se multiplient, le vrai risque n’est plus la désinformation, mais la dilution du réel dans un océan de contenus simplement plausibles.
[1] FIFA, Coupe du monde de football 2026, format et calendrier. https://www.fifa.com/fr/tournaments/mens/worldcup/canadamexicousa2026
[2] OCDE, Résultats du PISA 2022 (Volume I) : Résultats des élèves en compréhension de l’écrit, en mathématiques et en sciences. https://www.oecd.org/fr/publications/resultats-du-pisa-2022-volume-i_165f1d07-fr.html
[3] Fédération Française de Football, Les centres de formation agréés. https://www.fff.fr/97-les-centres-de-formation-agrees.html
[4] Fédération Française de Football, Le budget et les chiffres clés 2024-2025. https://www.fff.fr/80-le-budget-et-les-chiffres-cles.html
[5] Animath, Préparation Olympique Française de Mathématiques (POFM). https://maths-olympiques.fr/
[6] Ministère de l’Éducation nationale, Les Olympiades nationales et internationales de mathématiques. https://www.education.gouv.fr/les-olympiades-nationales-et-internationales-de-mathematiques-465801
[7] IMO 2026, 67th International Mathematical Olympiad, Shanghai. https://www.imo2026.com/
[8] IMO Official, CHN — Team Results (People’s Republic of China). https://www.imo-official.org/results/team/country/CHN/
[9] IMO Official, FRA — Team Results (France). https://www.imo-official.org/results/team/country/FRA/
[10] Ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, Médaille Fields. https://www.enseignementsup-recherche.gouv.fr/fr/medaille-fields-86509
[11] Juvénal, Satires, Livre X, vers 77-81 (éd. Loeb Classical Library). https://www.loebclassics.com/view/juvenal-satires/2004/pb_LCL091.373.xml
[12] MetLife Stadium, FIFA World Cup 2026 Final, 19 juillet 2026. https://www.metlifestadium.com/events/detail/fifa-world-cup-2026-final
[13] Sénat, Question écrite n° 250404123 — Violence dans le football professionnel (saison 2024-2025). https://www.senat.fr/questions/base/2025/qSEQ250404123.html
[14] Le Monde, Barrage Ligue 1-Ligue 2 : débordements après la défaite de Saint-Etienne face à Auxerre, 29 mai 2022. https://www.lemonde.fr/football/article/2022/05/29/barrage-ligue-1-ligue-2-debordements-apres-la-defaite-de-saint-etienne-face-a-auxerre_6128115_1616938.html
[15] TF1 Info, Quatre blessés au couteau dans une rixe entre supporters du Paris FC, 2 novembre 2024. https://www.tf1info.fr/justice-faits-divers/quatre-blesses-au-couteau-dans-une-rixe-entre-supporters-football-du-paris-fc-ligue-2-sept-interpellations-2331925.html
[16] Mairie de Paris, À l’origine des Jeux olympiques, Pierre de Coubertin. https://www.paris.fr/pages/a-l-origine-des-journees-olympiques-pierre-de-coubertin-4888
[17] Digital Commons (Sacred Heart University), Mathematical Competitions in Hungary: Promoting a Tradition of Excellence. https://digitalcommons.sacredheart.edu/cgi/viewcontent.cgi?article=1004&context=math_fac
[18] VietnamPlus, Vietnam shines in top 10 at International Math Olympiad 2025. https://en.vietnamplus.vn/vietnam-shines-in-top-10-at-international-math-olympiad-2025-post323010.vnp
[19] Wikipédia, Terence Tao. https://fr.wikipedia.org/wiki/Terence_Tao
[20] Le Monde, Corée du Sud : tableau des médailles aux JO de Paris 2024. https://www.lemonde.fr/sport/jo-2024/medailles/coree-du-sud/
[21] INSEP, Présentation de l’Institut national du sport, de l’expertise et de la performance. https://www.insep.fr/fr
[22] Animath, Rapport d’activité et rapport financier 2022, présenté en assemblée générale le 9 juin 2023. https://www.animath.fr/wp-content/uploads/2023/06/PV_AG_Animath_09-06-2023-annexes.pdf
