Le 10 février 2007, un homme presque inconnu du grand public annonce sa candidature à la présidence des États-Unis. Vingt-et-un mois plus tard, le 4 novembre 2008, après un parcours exceptionnel, il en devient le 44e président !
Début 2007, Barack Obama est un homme politique pratiquement méconnu : deux années en tant que sénateur de l’Illinois et pas d’expérience internationale. Il ne semble donc avoir guère de chances face aux deux poids lourds de la politique américaine que sont Hillary Clinton, l’ancienne « First Lady », et le sénateur républicain de l’Arizona, John McCain. Et pourtant…
L’art de devenir président des USA lorsque l’on est un inconnu !
Tout commence par un clip vidéo lancé le 5 mars 2007 par Phil de Vellis (l’un des artisans de la campagne Internet de Barack Obama), parodiant la fameuse publicité d’Apple diffusée lors du Super Bowl de 1984 . L’effet viral est instantané, à peine déposée sur le site de partage You Tube (www.youtube.com), la vidéo est visionnée plusieurs millions de fois. La toile et le monde découvrent alors Barack Obama !
Disons-le tout de suite, s’il n’y avait pas eu Internet, Barack Obama ne serait très probablement pas président des États-Unis aujourd’hui ! Mais attention, Internet n’a rien d’un outil miraculeux, et vouloir résumer à tout prix la victoire de l’homme au seul fait d’avoir utilisé le réseau Internet est réducteur. (On a vu ce que cela a donné chez certains autres hommes politiques, notamment en France.)
Non, la clé de cette réussite réside dans le fait que tout au long de sa campagne, Barack Obama et son équipe ont construit un Personal Branding fort et authentique : la marque Barack Obama. En s’appuyant sur des valeurs sincères (illustrées par des slogans tels que : « Change we can believe in » ou « Yes we can ») et non sur un simple « packaging » graphique comme il est souvent d’usage. Cette marque forte a mis en avant trois vertus essentielles : ce candidat est nouveau, attractif et différent ! Puis, en se servant de cette marque forte, ils ont utilisé toutes les techniques en et hors ligne, tous les outils du web 2.0, pour lever des fonds, créer des noyaux et des communautés d’inconditionnels, suivre sa réputation, répondre aux rumeurs, partager des milliers de photos sur Flickr , remercier les fans, etc.
La totalité de la stratégie Internet a été basée sur l’agrégation des petites forces, en prenant modèle sur le Long Tail décrit par Chris Anderson , associée à une dynamique extrêmement 2.0, se nourrissant de la participation des internautes au point d’en faire les acteurs centraux de l’action militante. Durant toute la campagne, Barack Obama et son équipe ont réuni 5 millions de sympathisants au sein des réseaux sociaux (rien que sur Facebook, plus de 3,2 millions de personnes lui ont apporté leur soutien). Ils ont aussi géré et coordonné le profil du candidat dans plus de quinze communautés en ligne. 200 000 événements ont été organisés via les réseaux sociaux et 400 000 messages ont été rédigés sur la plate-forme de blogs dédiée au candidat : « mybarackobama.com ».
Le jour des élections, plus de 5,4 millions d’utilisateurs ont cliqué le bouton « J’ai voté », afin de faire savoir à leurs amis qu’ils avaient accompli leur devoir civique et, ainsi, les inciter à en faire autant.
Même si votre ambition n’est pas de devenir le 45e président des États-Unis ou bien celui de la France en 2012, le monde d’aujourd’hui vous encourage à mettre le Personal Branding au service de votre propre carrière professionnelle.
Le moi-perso-je comme marque
L’idée de considérer la promotion d’un individu lambda sur un pied d’égalité avec le marketing d’une société ou d’un produit pourrait en faire sourire plus d’un… « Moi, Monsieur, je ne suis pas une marchandise ! Je ne vais pas me poser sur une étagère, me coller un prix autour du cou et attendre qu’on m’achète ou qu’on me loue ! »
En êtes-vous si sûr ? Si tel est le cas, alors pourquoi vendons-nous du « temps de cerveau disponible » comme un docker vend ou loue sa force musculaire ?
Vous avez dit Personal Branding ?
Très à la mode ces derniers mois, le Personal Branding n’est pas aussi nouveau qu’on voudrait nous le faire croire. Pendant de nombreuses années, il a été le privilège d’une minorité de gens (hommes politiques, grands patrons, artistes…) qui utilisaient les services d’agences spécialisées et/ou de coachs afin d’améliorer sensiblement leur image de marque et leur popularité. Ce qui est réellement novateur dans le concept actuel du Personal Branding, c’est son ouverture au plus grand nombre ! Ce formidable essor est dû à l’utilisation du réseau Internet et plus particulièrement aux outils web 2.0 qui ont permis de combiner l’intelligence collective au web comme plate-forme.
Le Personal Branding, tel qu’on le connaît aujourd’hui, est né en 1997 dans le magazine américain Fast Company (www.fastcompany.com). Dans un long article, le journaliste Tom Peters posait les bases de ce concept en expliquant que, quels que soient le milieu social, l’âge ou la profession, chaque individu était à la fois le PDG, le directeur général, le directeur commercial et le directeur marketing de la société unipersonnelle « Moi-Je-Perso S.A. ». Que la crédibilité de cette société unipersonnelle se définissait par la qualité du travail actuel et passé de l’individu. Et que cette crédibilité déterminerait les opportunités de travail dans le futur. Un peu plus tard, ce concept a été repris et largement développé par Peter Montoya et William Arruda .

Aujourd’hui, le Personal Branding est l’art de promouvoir sa marque personnelle grâce à des techniques marketing utilisant au maximum les outils web 2.0, dans l’objectif de modeler la perception que les autres ont de vous, de votre expertise ou de vos savoir-faire.



