« La certitude d’ennuyer est de tout dire. »
Voltaire
Nous venons de voir dans le chapitre précédent qu’il est impératif d’avoir une bonne communication afin de maximiser le Personal Branding. Pour cela, il nous faut :
- une « matière première » de qualité, ce que nous allons nous efforcer de mettre en place dans ce chapitre ;
- des supports adaptés à notre stratégie, que nous découvrirons tout à l’heure plus loin dans le chapitre « Les supports pour être visible »
Aux yeux de nos amis anglo-saxons, nous avons culturellement en France un très gros défaut : celui de vouloir être modeste à tout prix, de rester dans le rang et de ne pas afficher nos réussites.
C’est un tort, car pratiquer une communication intelligente sur ses actions est un excellent moyen de se démarquer de la masse. Et ce constat est d’autant plus vrai en période de crise : rester trop discret, ne pas avoir de visibilité professionnelle peut nuire gravement à son image.
Le pitch, un outil essentiel
Le pitch (l’Elevator Pitch de son nom complet) est un exercice de communication orale que les entrepreneurs du monde Internet connaissent très bien : il consiste à se présenter de manière pertinente à un investisseur en un temps très court (la « légende » parle du temps que mettrait un ascenseur pour aller du rez-de-chaussée à l’étage où se situe le bureau dudit investisseur, soit environ 60 secondes).
Un bon pitch est composé de 2 parties qui peuvent être exploitées individuellement ou conjointement en fonction du support dans lequel il sera utilisé.
- Une introduction très courte (2 phrases maximum) qui retient l’attention de vos auditeurs et leur donne envie d’en savoir plus. Cette introduction doit être construite pour pouvoir « vivre » seule si besoin est (cf. la présentation en 60 secondes décrite ci-dessus).
- Et d’un discours plus long (10 minutes maxi) détaillant votre projet personnel en répondant précisément aux questions suivantes :
- Qui êtes-vous et que voulez-vous faire ?
- Où en êtes-vous de votre démarche ?
- Quelle est votre cible ?
- En quoi vous distinguez-vous des autres ? Qu’est ce qui fait qu’on va vous préférer à un autre ?
- Comment vous positionnez-vous par rapport aux autres ?
- En quoi êtes-vous crédible ?
- Quelle est votre stratégie sur le long terme ? Comment voyez-vous l’avenir ?
- Quelles sont vos attentes ? Que désirez-vous ? Pourquoi êtes-vous en train de « pitcher » ?
Raconter une jolie histoire
Un bon pitch doit faire rêver votre interlocuteur ! Il doit, en quelques secondes, susciter chez lui l’intérêt d’aller plus loin… Depuis sa tendre enfance, l’être humain est « programmé » pour écouter et raconter des histoires, cela commence par les contes et histoires du soir, et se poursuit plus tard avec les livres, le cinéma, le théâtre ou encore la télévision.
Les publicitaires l’ont compris depuis fort longtemps : pour faire vibrer les gens sur un sujet bien précis, il faut leur raconter de jolies histoires (le storytelling ) [1]!

Essayez le plus souvent possible de sortir du carcan « PowerPoint/Bullet Point » rébarbatif en utilisant le storytelling [2] pour raconter une jolie histoire. Entraînez-vous à cette technique. Partez des mots clés que vous souhaitez faire passer pour construire ce récit séduisant.
Quelques conseils pour capter votre auditoire :
- Simplicité et concision : nous ne pouvons généralement intégrer et retenir qu’un volume assez limité d’informations en une seule fois. Votre objectif n’est pas de faire « au plus court », mais d’effeuiller votre discours jusqu’à sa substantifique moelle.
- Un langage concret : le cerveau humain mémorise plus facilement des données concrètes. Utiliser un langage concret est la seule et unique façon de s’assurer que les idées que vous propagez auront exactement la même signification pour tous vos interlocuteurs !
- Crédibilité et authenticité : pour rendre crédible votre histoire, vous n’avez pas d’autre choix que de la vivre ! Tout ce que vous ferez, tous les signaux que vous émettrez doivent coller à l’histoire !
- Un peu d’inattendu et beaucoup d’attention : l’un des principaux problèmes en matière de communication est d’obtenir l’attention de ceux à qui vous vous adressez. Soumis à une stimulation sensorielle régulière, l’être humain a tendance à devenir sourd et aveugle aux événements qui l’entourent. Pour le sortir de sa douce léthargie, un changement inattendu doit survenir. Pour y parvenir, il vous faudra briser un schéma ou un modèle bien ancré dans l’esprit de vos interlocuteurs.
- Segmentez la cible : imaginez que vous arriviez dans un environnement où tous vos « concurrents » sont déjà présents depuis un certain temps et où tous les « clients potentiels » (clients, recruteurs, etc.) ont avalé l’histoire jolie ou non que ces concurrents leur ont proposée un nombre incalculable de fois ! Hors de question dans ce contexte de pouvoir réussir à se démarquer en racontant la même histoire. Que faire ? Simplement créer une histoire cohérente avec votre personnage et cadrée en fonction de la vision du monde de la communauté à laquelle vous l’exposez. Ne répétez pas une histoire « universelle » qui s’adapterait comme par magie à tout le monde, visez une « niche » et non la masse.
- Avant de mettre par écrit votre (ou vos) histoire(s), pratiquez-la (les) à l’oral et testez-la (les) face à des proches ou des contacts peu familiers de votre secteur d’activité. Demandez-leur de restituer ce qu’ils ont compris. Leurs réactions vous indiqueront immédiatement si elle est percutante ou pas, si elle est crédible ou pas.
- On ne le dira jamais assez : n’oubliez pas de relire et de faire relire plusieurs fois votre prose ! Une orthographe approximative peut avoir un effet catastrophique, même sur la plus jolie des histoires…
Biographie et CV comme compléments
Décrire de manière synthétique son projet d’avenir à travers un pitch est une étape très importante, mais cela ne renseigne pas beaucoup votre interlocuteur sur votre passé et votre parcours. Dans certains cas, il devient nécessaire de le compléter par :
- Une biographie, sorte de « CV romancé » construit sur le même modèle que la jolie histoire utilisée dans le pitch. Son but n’est pas de faire un inventaire à la Prévert de tout votre parcours comme le ferait un CV traditionnel, mais d’en reprendre partiellement les éléments pour mettre en exergue certaines compétences en fonction du contexte. Point très important : lorsque l’on met en œuvre plusieurs histoires, il faut veiller à la cohérence du discours global. Tout comme le pitch il est possible (et souhaitable) de rédiger deux versions de votre biographie : une courte et une autre un peu plus longue à utiliser en fonction des différents supports. Ce type de document n’est bien sûr pas à disposer sur les sites traditionnels de CV (ou alors en en-tête et dans sa version courte), mais plutôt comme un « À propos de… » de votre profil par exemple.
- Un CV traditionnel à exploiter sur les sites tels que Linkedin et Viadéo. Malheureusement, la grande majorité des sites impose, par simplification, un traitement informatique des données, contraignant l’utilisateur à remplir les cases d’un formulaire standardisé. Très difficile dans ce cas de mettre en valeur certaines de ses compétences… Si le site vous permet de doubler le CV informatisé avec une pièce jointe, n’hésitez surtout pas à joindre votre CV en PDF [3].
Le CV vidéo, un plus différenciateur
Encore confidentiel il y a ne serait-ce que quelques mois, le CV vidéo est en passe de devenir un véritable outil de différenciation. S’il est bien réalisé, il permet à l’individu de se démarquer en amenant une dimension supplémentaire.
Si vous vous lancez dans cette aventure, sachez que le visionnage d’une vidéo fait appel à d’autres sens que ceux utilisés lors de la lecture d’un CV. Il y a une quantité beaucoup plus importante de stimuli dans une vidéo (voix, expression du visage…), qui sont autant de possibilités pour votre interlocuteur de réagir négativement à votre encontre.
- Proposez-le en plus et non à la place de ! D’une part, parce que les gens sont encore très attachés au CV traditionnel et, d’autre part, pour qu’ils puissent garder une trace lorsqu’ils ne seront plus connectés sur votre site. De même, ils souhaiteront peut-être l’envoyer à quelqu’un d’autre pour information.
- Faites court : un recruteur passe en moyenne moins d’une minute sur un CV traditionnel. Pensez-vous qu’il passera plus de temps sur le vôtre parce qu’il est en vidéo ? Non. Alors veillez à ne pas dépasser les deux minutes.
- Et concis : soyez efficace, vous avez moins de deux minutes pour vous présenter. Allez directement à l’essentiel !
- Le CV vidéo ne supporte pas la médiocrité ou l’à peu près : éviter de transformer votre CV vidéo en « vidéoGag », faites-le réaliser par quelqu’un de compétent ou n’en faites pas du tout.
Vous pouvez aussi utiliser PowerPoint
Vous ne vous sentez pas de taille à réaliser un CV vidéo digne de ce nom, mais vous avez une certaine fibre créatrice ? Il est possible d’en créer un qui sorte un peu du lot en profitant d’un outil de présentation de type PowerPoint [4].
Les conseils de bon goût ont cours ici aussi, car on peut tomber rapidement dans le kitch ou le bling-bling, ce qui aurait évidemment un effet plus que désastreux sur votre image.
Une fois réalisé, vous pouvez le mettre en téléchargement sur votre blog ou bien le mettre en ligne sur une plate-forme de partage de documents telle que SlideShare.
NOTES
1. L’art de conter des histoires.↑
2. Rappelez-vous d’une chose très importante dans la construction de votre Storytelling : « raconter de jolies histoires » ne signifie aucunement raconter des mensonges !↑
3. Si vous avez le choix, préférez les pièces jointes au format PDF. D’une part, elles sont universellement lisibles quelle que soit la plate-forme utilisée par votre interlocuteur (Macintosh, Windows ou Linux). Et, d’autre part, ce format conserve la mise en page du document d’origine, ce qui n’est pas toujours le cas avec d’autres formats, en particulier lorsque votre interlocuteur n’a pas les mêmes polices de caractères que vous.↑
4. Microsoft PowerPoint est un logiciel payant, mais il existe un certain nombre d’alternatives gratuites tels que Open Office, les services en ligne de Google ou Prize.com.↑











