Le moi-perso-je comme marque

« Une société ne peut distancer ses concurrents
que si elle peut établir une différence qu’elle peut préserver. »
Michael Porter

 

L’idée de considérer la promotion d’un individu lambda sur un pied d’égalité avec le marketing d’une société ou d’un produit pourrait en faire sourire plus d’un… « Moi, Monsieur, je ne suis pas une marchandise ! Je ne vais pas me poser sur une étagère, me coller un prix autour du cou et attendre qu’on m’achète ou qu’on me loue ! »

En êtes-vous si sûr ? Si tel est le cas, alors pourquoi vendons-nous du « temps de cerveau disponible » comme un docker vend ou loue sa force musculaire ?

Vous avez dit Personal Branding ?

Très à la mode ces derniers mois, le Personal Branding n’est pas aussi nouveau qu’on voudrait nous le faire croire. Pendant de nombreuses années, il a été le privilège d’une minorité de gens (hommes politiques, grands patrons, artistes…) qui utilisaient les services d’agences spécialisées et/ou de coachs afin d’améliorer sensiblement leur image de marque et leur popularité. Ce qui est réellement novateur dans le concept actuel du Personal Branding, c’est son ouverture au plus grand nombre ! Ce formidable essor est dû à l’utilisation du réseau Internet et plus particulièrement aux outils web 2.0 [1] qui ont permis de combiner l’intelligence collective au web comme plate-forme.

 

Petite illustration de ce que pourrait être le web 2.0

 

Serge Soudoplatoff : Comment internet change nos organisations

 

Le Personal Branding, tel qu’on le connaît aujourd’hui, est né en 1997 dans le magazine américain Fast Company (www.fastcompany.com). Dans un long article, le journaliste Tom Peters [2] posait les bases de ce concept en expliquant que, quels que soient le milieu social, l’âge ou la profession, chaque individu était à la fois le PDG, le directeur général, le directeur commercial et le directeur marketing de la société unipersonnelle « Moi-Je-Perso S.A. ». Que la crédibilité de cette société unipersonnelle se définissait par la qualité du travail actuel et passé de l’individu. Et que cette crédibilité déterminerait les opportunités de travail dans le futur. Un peu plus tard, ce concept a été repris et largement développé par Peter Montoya et William Arruda [3].

 

Sortir du lot en passant de « un individu » à « cet individu »

Sortir du lot en passant de « un individu » à « cet individu ».

 

Aujourd’hui, le Personal Branding est l’art de promouvoir sa marque personnelle grâce à des techniques marketing utilisant au maximum les outils web 2.0, dans l’objectif de modeler la perception que les autres ont de vous, de votre expertise ou de vos savoir-faire.

 

Personal branding by William Arruda

 

Quelques définitions pour la suite

Avant d’aller plus loin, je vous propose que nous posions quelques définitions qu’il sera intéressant de conserver en mémoire tout au long de cet ouvrage.

Qu’est-ce qu’une marque ?

Il s’agit d’un élément sémantique de désignation distinctive des produits offerts sur un marché par un producteur et/ou un distributeur. Qui peut prendre la forme d’un nom simple ou composé, d’un patronyme, d’un pseudonyme, d’une abréviation, auxquels peuvent aussi être associés un symbole, une couleur, etc.

Qu’est-ce qu’une stratégie marketing ?

L’encyclopédie collaborative Wikipedia (fr.wikipedia.org) nous dit qu’elle est une démarche de réflexion en vue de s’approcher au plus près de l’adéquation offre-demande afin d’augmenter le chiffre d’affaires, les parts de marché et la permanence des clients par différenciation, motivation ou adaptation de l’offre.

 


NOTES

1. Dans sa conception initiale, le « web 1.0 » comprenait des pages web statiques qui étaient plus ou moins mises à jour par leurs concepteurs. L’arrivée des systèmes de gestion de contenu a légèrement amélioré le système. Mais cela restait encore un outil de diffusion quasi unilatéral. Le « web 2.0 » (terme inventé par Dale Dougherty) introduit une rupture avec le modèle précédent : il redéfinit l’Internet non plus comme un média (où les sites web sont autant d’îlots d’informations isolées) mais comme un socle d’échanges avec et entre les utilisateurs (intelligence collective et UGC – « User Generated Content ») et les services ou les applications en ligne. Le web 2.0 ne peut être résumé à une technologie ou à une technique, ce n’est pas un standard mais plutôt une série de principes d’utilisation de technologies existantes qui suivent une évolution logique du web.
2. The Brand Called You (bit.ly/18drKp)
3. www.petermontoya.com

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